Les Praticables 2025 : Bamako-Coura devient une scène vivante
La parade qui ouvre un territoire d’art et de rencontres
Du 4 au 14 décembre 2025, Bamako-Coura s’apprête à devenir plus qu’un quartier : un territoire d’expérimentations artistiques, de circulation des idées et d’élans citoyens. Depuis 2017, le festival Les Praticables y cultive une manière singulière d’habiter la ville : ici, la scène ne se trouve pas derrière une porte fermée, elle s’invente au cœur du quotidien, au détour d’une rue, devant une façade, dans une cour familiale. Cette nouvelle édition promet d’être le dernier grand souffle théâtral de l’Année de la Culture au Mali.
© Crédit photo : Aloupy.Pro
Mais avant les spectacles, avant les débats, avant les installations : il y a la parade. Cette marche collective qui, chaque année, raconte mieux que tout autre geste ce qu’est vraiment ce festival : un art qui commence dans la rue, avec le peuple, pour le peuple.
La ville qui s’éveille : la parade 2025

Ce matin-là, Bamako-Coura s’est mise à vibrer comme aux grandes heures des éditions précédentes. Les habitants sortent devant leurs maisons, les enfants courent, les femmes se parent de foulards lumineux, les commerçants ferment un instant leur boutique pour regarder passer la procession. Un souffle circule, un frisson doux qui dit : quelque chose commence.
La parade s’élance de la Rue 369, serpente entre les ruelles du quartier, marque un premier arrêt chez le Chef de quartier, puis poursuit vers la Famille Seydou Keïta, traverse le Terrain Capone, avant de rejoindre le Siège ADEMA, point d’arrivée symbolique.
À chaque arrêt, la foule grossit. On n’assiste plus à un défilé : on y prend part.
Au milieu du cortège, les silhouettes en costumes graphiques avancent en cadence, guidées par le rythme sourd des percussions. Les femmes en blanc et jaune ouvrent la route avec une grâce tranquille, leurs foulards vibrant comme des étendards de fête. Les enfants observent, imitent, participent. La rue avance, respire, se raconte. Ce que l’on voit ici n’est pas un folklore figé : c’est une tradition vivante, réinventée, rendue au présent.
Une mémoire qui continue de marcher

Les parades des Praticables sont devenues au fil des années l’un des moments les plus attendus de la vie culturelle de Bamako. Elles portent une dimension presque mythique : une manière de célébrer l’art malien en oscillant entre héritage et invention.
On se souvient encore de la grande parade chorégraphiée de 2019, dirigée par Lamyne M, Jean Kassim Dembélé et Kodio, où ânes, voitures costumées, danseurs, musiciens, mamans et enfants avaient transformé les rues en un gigantesque défilé de mode urbain, libre, joyeux, inattendu.
La parade de cette année s’inscrit dans cette même lignée : celle d’une célébration populaire qui reconnaît la ville comme un espace scénique infini, où chacun peut devenir acteur, témoin, porteur d’imaginaire.
La parade n’est pas un prélude : elle est une promesse

Ce qui s’est passé aujourd’hui dans les rues de Bamako-Coura n’était pas seulement une ouverture festive. C’était une déclaration. Une manière de dire que la culture ne se regarde pas de loin : elle se marche, elle se vit, elle se partage.
La parade annonce ce que seront Les Praticables 2025 : un festival qui relie les générations, tisse les quartiers, célèbre les imaginaires, et rappelle cette évidence simple : quand une ville s’empare de son art, elle devient un territoire de possibles.
À Bamako-Coura, la fête ne fait que commencer.















