La Compagnie Nama casse les codes : une formation en gestion artistique dédiée aux femmes marionnettistes
À Bamako, un vent de changement souffle sur le monde traditionnellement masculin de la marionnette. À la tête de cette révolution silencieuse, la Compagnie Nama, dirigée par l’artiste Yacouba Magassouba, initie chaque année une formation exclusivement destinée aux femmes marionnettistes. Une initiative qui vise à renforcer leur autonomie, tant artistique qu’administrative.
Être femme au Mali est déjà un défi. Être femme et marionnettiste l’est encore davantage dans un univers culturel souvent réservé aux hommes. Mais dans les locaux de la Compagnie Nama, ce défi devient une opportunité. Depuis plusieurs années, l’espace se transforme en un lieu d’apprentissage, de valorisation et d’émancipation pour ces femmes artistes qui cherchent à s’affirmer dans le monde des arts de la scène.
Un module centré sur l’autonomie artistique
Cette année, la formation porte sur un module essentiel : « Gestion administrative axée sur la carrière artistique de l’artiste autonome ». Conçu comme un véritable incubateur de projets artistiques, ce module met l’accent sur le développement personnel et professionnel des participantes. Il offre un accompagnement complet pour leur permettre de mieux structurer leur parcours et prendre en main leur vie artistique.
Au programme : construction de dossiers artistiques, élaboration de projets de création, stratégie de mise en marché, planification, gestion du temps, et initiation aux bases juridiques et financières du métier d’artiste indépendant. Plus qu’un simple apprentissage technique, la formation ambitionne de booster la confiance en soi et la vision à long terme des femmes artistes.
Un formateur expérimenté au service de la relève
Pour piloter ce module, la Compagnie Nama a fait appel à Dasson Diarra, artiste et gestionnaire culturel malien. Avec plus de dix ans d’expérience dans le secteur culturel, tant sur scène qu’en coulisses, il met aujourd’hui ses compétences au service des artistes émergents.
Diplômé du Conservatoire Balla Fassèkè Kouyaté de Bamako et de l’Université Senghor à Alexandrie, Dasson Diarra a également travaillé en France et au Canada dans de prestigieuses institutions artistiques. Son approche, nourrie d’expériences locales et internationales, met l’accent sur la professionnalisation des artistes du secteur des arts vivants en Afrique de l’Ouest.
Changer les récits, construire l’avenir
À travers cette formation, la Compagnie Nama ne se contente pas de transmettre un savoir : elle transforme des trajectoires. En misant sur les femmes, elle bouscule les habitudes, questionne les normes et écrit un nouveau chapitre de l’histoire de la marionnette au Mali.
Dans un monde artistique en quête de diversité et d’équité, cette initiative apparaît comme un modèle inspirant de transformation sociale par la culture. Une chose est sûre : les femmes marionnettistes du Mali ont désormais des outils pour faire entendre leur voix — et faire danser leurs marionnettes — bien au-delà des coulisses.
