Le gouvernement malien a eu une vision forte en instituant 2025 comme « Année de la Culture ». Dans un contexte de lutte contre le terrorisme, cette initiative est un acte de résistance : affirmer que le Mali tient debout, à travers sa culture, face à ceux qui cherchent à effacer son identité.
Mais six mois plus tard, l’élan espéré reste timide. Pas de campagne visible, pas de ferveur dans les rues, pas d’effervescence dans les quartiers. La ville de Bamako, pourtant cœur battant de la création, ne vit pas cette année culturelle. La majorité des Maliens l’ignorent ou n’en perçoivent aucun effet dans leur quotidien.
Pourtant, un logo a été conçu, des artistes ont été désignés comme parrains de mois culturels, des conférences et masterclass organisées. Ces efforts existent, mais restent trop institutionnels, sans vrai lien avec le grand public.
Le principal défaut : un manque de préparation. Ce projet ambitieux aurait nécessité une stratégie comparable à celle d’un grand événement national. Il manque un calendrier clair, une campagne médiatique forte, une mobilisation des collectivités, des artistes locaux, des jeunes, des écoles, des radios, des quartiers…
Car la culture malienne bouillonne malgré tout. Des jeunes talents émergent, des équipes artistiques se battent avec peu de moyens. Ils méritent d’être soutenus, valorisés, propulsés dans cette dynamique nationale.
Il reste six mois. Il est encore temps d’agir : produire du contenu, décentraliser les initiatives, connecter les régions, créer une vraie ferveur populaire.
L’Année de la Culture ne doit pas être un slogan. Elle peut encore devenir un tournant pour le pays. Il suffit d’en faire un projet partagé.
Avec une action rapide, structurée et inclusive, l’Année de la Culture Malienne peut encore marquer l’histoire. Il n’est pas trop tard pour faire de 2025 une célébration nationale inoubliable.