8 « Maestras » oubliées sortent de l’ombre pour sauver l’âme de l’Afrique de l’Ouest
Elles ont entre 60 et 90 ans.
Elles sont griottes, musiciennes, pionnières.
Et jusqu’à très récemment, leurs voix uniques étaient menacées de disparaître à jamais.
Aujourd’hui, grâce à un projet aussi urgent que magnifique — The Lost Maestras — huit grandes artistes maliennes sortent de l’ombre pour nous offrir un trésor : huit albums enregistrés entre 2022 et 2024, captés dans la douceur du bord du fleuve Niger, à Ségou.
Bienvenue dans un voyage au cœur de la mémoire vivante de l’Afrique.
Un projet né d’une urgence : ne pas laisser s’éteindre des voix éternelles
Porté par le Mieruba Art Center, The Lost Maestras n’est pas qu’un simple projet musical. C’est un acte de transmission. Un devoir de mémoire. Une déclaration d’amour aux femmes qui ont bâti, souvent dans l’ombre, la richesse musicale du Mali et de l’Afrique de l’Ouest.
L’idée est aussi simple qu’essentielle :
Enregistrer, valoriser et pérenniser le patrimoine musical féminin avant qu’il ne soit trop tard.
Car derrière chaque nom, il y a une histoire unique, un combat, une émotion brute.
Kaniba Oulélé Kouyaté : le retour d’une voix sacrée après 25 ans de silence
Fille de la prestigieuse dynastie Kouyaté de Nyagassola — gardienne du balafon sacré du Manden — Kaniba a marqué son temps avant de disparaître de la scène pendant 25 ans.
En 2022, elle revient. Et sa voix, mûrie par l’expérience, nous prend aux tripes. Mêlant tradition mandingue, afro-folk et afro-pop, elle nous rappelle que la sagesse des griots est éternelle.
Titres clés : Alpha Yaya, Djeliya Ba, Soundjata.
Kokanko Sata : la rebelle qui a brisé le tabou du kamélé ngoni
Née en 1968 à Sikorolé, Kokanko Sata a fait ce qu’aucune femme n’avait fait avant elle au Mali : jouer du kamélé ngoni, la harpe-luth réservée aux hommes.
Elle en a fait son arme, sa voix, sa liberté. Chantant en bambara, elle a conquis les scènes d’Afrique, des États-Unis et de Grande-Bretagne.
Son dernier album, enregistré à Ségou en 2022, est un testament. Elle s’est éteinte en 2023, mais sa musique, elle, ne s’éteindra jamais.
Titres clés : Siriki leh, Woulouni, Wara.
Fissa Maiga : la mémoire vivante du peuple songhaï
Fissa Maiga, née à Gao en 1954, est bien plus qu’une chanteuse. C’est une gardienne. Membre de l’Ensemble Instrumental du Mali, elle porte avec une voix puissante les récits et coutumes de la culture songhaï. Son album, enregistré en 2022, est un vibrant hommage à l’identité d’un peuple.
Titres clés : Wafakey, Djiri Merdje, Ndougnat.
Mah Kouyaté : la renaissance du Bajuru, genre ancestral du fleuve
Spécialiste du Bajuru — ce répertoire musical né au bord du fleuve Niger — Mah Kouyaté revient après vingt ans de silence. Avec son album Bambara Jali (2022) et l’Anthologie du Bajuru, elle incarne la continuité entre les grandes voix féminines d’hier (Penda Dante, Fanta Demba) et la création d’aujourd’hui.
Titres clés : Soo, Diatigui, Danama.
Mouneissa Tandina : de la guitare à la batterie, une pionnière rythmique
Issue d’une famille légendaire de la musique malienne (son père jouait dans Le Jazz de Ségou), Mouneissa a choisi un chemin rare : la batterie. À une époque où cet instrument était peu investi par les femmes, elle s’y est consacrée avec une détermination exceptionnelle. Son album est une explosion de rythmes traditionnels réinventés.
Titres clés : Diarabi, Moussoulou, Mieruba.
Mamou Thierno : une voix spirituelle et universelle
Mamou Thierno, c’est la grâce. Née à Niono, elle est issue d’une famille religieuse et musicale. Sa voix traverse les genres, entre chants sacrés et tradition mandingue. Une présence rare, une émotion pure.
Titres clés : Allah ma bai sone, Djamounan baba, Kara Demba.
Assitan Kouyaté : la fille de la grande Mah Kouyaté
Assitan perpétue l’héritage familial avec une modernité respectueuse. Sa voix puissante, formée aux côtés des plus grands, porte la mémoire des griots vers l’avenir. Une artiste à suivre de toute urgence.
Koly Traoré : la légende soninké qui traverse les générations
Koly Traoré est une légende vivante. Figure de l’Ensemble Instrumental du Mali, elle incarne la connexion entre traditions ancestrales et influences contemporaines. En 2024, elle enregistre son dernier album à Ségou — une œuvre profonde, intemporelle.
Pourquoi ce projet est un événement planétaire
The Lost Maestras, c’est :
- 8 artistes exceptionnelles, dont certaines enregistrent leur dernier album
- Des sessions live authentiques, sans artifices
- Un patrimoine immatériel préservé (balafon sacré, kamélé ngoni, Bajuru, traditions songhaï, soninké, etc.)
- Un travail de post-production pour offrir à ces voix la qualité qu’elles méritent
À vous, public, médias, amoureux des musiques du monde :
Ce projet existe parce que des femmes se sont battues pour faire résonner leur art. Il existe parce que le Mieruba Art Center a eu la vision et l’humilité de leur tendre un micro et un espace.
Mais pour que ces voix ne retombent pas dans l’oubli, elles ont besoin d’être écoutées, partagées, soutenues.
- Les albums sont en phase de post-production (mix & mastering).
- Des documentaires, des concerts, des éditions physiques et numériques sont à venir.
Suivre et soutenir le projet
Mieruba Art Center – Ségou, Mali
www.mieruba.com
info@mieruba.com
En écoutant ces femmes, vous ne faites pas que découvrir une musique. Vous devenez passeur de mémoire.
Partagez cet article. Faites entendre les Lost Maestras.
