Le 19 juillet 2024, le monde a perdu un géant. Un pont vivant entre les traditions séculaires du Mandingue et les scènes du monde entier. Toumani Diabaté, maître incontesté de la kora, s’est éteint, laissant derrière lui un héritage musical qui transcende les frontières, les générations, et les cultures. Mais comme le rappelle Lamomali, l’histoire ne finit pas ainsi.
Avec Bel Ami, morceau extrait de l’album Totem (à paraître le 25 avril 2025), -M- (Matthieu Chedid) et Fatoumata Diawara tissent un hommage vibrant à celui qui fut plus qu’un musicien : un frère, un lien, une lumière.
« Je relie ton histoire
Loin d’être finie
À tes arpèges virtuoses sur des cordes infinies »
Dès les premiers mots, le poème musical s’élève comme une prière. La kora de Toumani n’a jamais simplement résonné ; elle chantait. Elle racontait. Elle guérissait. Ce chant-là ne s’éteint pas avec sa disparition. Il se perpétue, dans chaque note, chaque vibration qui nous rappelle que la musique de Toumani touchait au sacré.
Bel Ami est un cri du cœur. Celui de -M-, « griot blanc », frère d’âme et de scène. Celui de Fatoumata Diawara, sœur de racines, voix d’un continent en éveil. Ensemble, ils célèbrent une figure tutélaire, un homme dont l’art fut toujours un acte de transmission. Une offrande.
« Mon bel ami, mon bel ami, c’est ainsi
Ainsi va la vie »
Le refrain, à la fois tendre et résigné, sonne comme une étreinte musicale. Un adieu sans fin. Une promesse de continuité.
Car Lamomali est une famille, comme Toumani l’a toujours voulu. Une famille de cœur, de musique et de culture. Et dans cette famille, sa présence restera éternelle.
L’album Totem, déjà empreint de spiritualité et de fusion, s’annonce comme un sanctuaire vivant à la mémoire de celui que l’on ne pleure pas seulement, mais que l’on chante, encore et encore.
Toumani Diabaté s’en est allé. Mais sa musique, elle, ne connaît pas le silence.