ÉPISODE 1 — Le garçon qui voyait autrement

Série hommage : Amadou, les yeux du cœur
Il ne voyait pas le monde, mais il l’entendait. Il ne reconnaissait pas les visages, mais il ressentait les voix. Dès son plus jeune âge, Amadou Bagayoko vit dans une réalité différente. La lumière lui échappe, mais il se forge une autre vision. Une vision intérieure, sensorielle, musicale.

rue de Bamako

Dans les rues de Bamako, entre les bruits de moteurs et les éclats de voix, il capte des rythmes. Des battements de tambours au loin, des éclats de balafon, des chansons qui s’échappent des transistors. Pour d’autres, ce n’est que du bruit. Pour lui, c’est déjà de la musique.

« Je ne voyais pas les couleurs, mais je les entendais. »

Très tôt, il s’intéresse à la guitare. L’instrument devient son compagnon, son outil pour traduire ce qu’il ressent. Il n’a pas besoin de voir les cordes pour les comprendre. Ses doigts apprennent à parler à sa place.

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À l’Institut des jeunes aveugles de Bamako, il rencontre d’autres enfants comme lui. Il y développe une sensibilité rare, une écoute profonde, une curiosité sans limites. C’est là qu’il fait ses premiers groupes de musique. C’est là qu’il apprend que voir n’est pas nécessaire pour ressentir.

Ce garçon que la lumière a fui devient peu à peu un maître des sons. Il transforme son handicap en arme, son silence en art. Il n’a pas encore rencontré Mariam. Mais déjà, son cœur est accordé à un monde que peu entendent.

« Le monde était flou pour mes yeux, mais clair pour mon âme. »

1 Comment

  • Keita Gami
    Posted 15 avril 2025 7:39 pm 0Likes

    Je suis Mohamed Gami Keita, manager d’artistes maliens et assistant d’Amadou & Mariam ainsi que de Vieux Farka Touré.Bassekou kouyate, Cofondateur de l’association des jeunes pour la valorisation de la musique malienne créée en 2006 à Bamako, j’ai eu le privilège de collaborer avec Amadou & Mariam depuis leur premier festival Paris-Bamako en 2003 à l’Institut national des aveugles du Mali. Amadou s’est toujours montré très généreux, sociable, profondément humain et solidaire envers chacun. Il était ouvert d’esprit, aimable et partageait ses repas avec tout un chacun. Toujours disponible pour ses voisins, ses enfants et tous les autres enfants qui passaient leur temps à le côtoyer, je peine à définir son attitude bienveillante envers ceux qui lui sont chers. Doté d’un sourire constant et jamais dans une humeur maussade, il était constamment disponible pour autrui.

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