Série hommage : Amadou, les yeux du cœur
Elle entre dans la pièce comme une chanson douce. Mariam Doumbia, jeune femme aveugle, au sourire apaisant et à la voix qui caresse les cœurs. Elle aussi a appris à voir autrement. Et comme Amadou, elle est passée par l’Institut des jeunes aveugles de Bamako.
Leur rencontre n’a rien d’un hasard. C’est une harmonie en devenir. Deux âmes forgées dans l’ombre, prêtes à illuminer le monde par leur musique.
« Quand elle a chanté, j’ai entendu mon avenir. »
Amadou est déjà passionné de guitare. Mariam chante avec une grâce instinctive. Très vite, ils jouent ensemble. Lui accompagne. Elle enchante. Ils se découvrent. Pas avec les yeux, mais avec les notes, les silences, les soupirs entre les accords.
Dans les couloirs de l’Institut, leur duo attire les oreilles. On parle d’eux. On les invite à des petits événements, des fêtes locales, des radios communautaires.
Mais ce qu’ils vivent va au-delà de la musique. Une complicité naît, fragile, timide, sincère. Amadou entend en Mariam une force douce. Mariam sent en Amadou une énergie lumineuse. Leur histoire commence là. Dans une pièce banale, deux voix se croisent et créent un chemin nouveau.
« Nous ne nous sommes jamais vus. Mais nous nous sommes toujours reconnus. »

Keita Gami
avril 15, 2025 at 7:39 pmJe suis Mohamed Gami Keita, manager d’artistes maliens et assistant d’Amadou & Mariam ainsi que de Vieux Farka Touré.Bassekou kouyate, Cofondateur de l’association des jeunes pour la valorisation de la musique malienne créée en 2006 à Bamako, j’ai eu le privilège de collaborer avec Amadou & Mariam depuis leur premier festival Paris-Bamako en 2003 à l’Institut national des aveugles du Mali. Amadou s’est toujours montré très généreux, sociable, profondément humain et solidaire envers chacun. Il était ouvert d’esprit, aimable et partageait ses repas avec tout un chacun. Toujours disponible pour ses voisins, ses enfants et tous les autres enfants qui passaient leur temps à le côtoyer, je peine à définir son attitude bienveillante envers ceux qui lui sont chers. Doté d’un sourire constant et jamais dans une humeur maussade, il était constamment disponible pour autrui.