Restons connectés
Les Prix Ibibi

« SANK ou la patience des morts » : la mémoire en scène, la révolution en héritage

"SANK ou la patience des morts" : la mémoire en scène, la révolution en héritage

Théâtre

« SANK ou la patience des morts » : la mémoire en scène, la révolution en héritage

Sankara revient pour parler à l’Afrique

Ce vendredi 30 mai à 16h, le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia (CAMM) a vibré au rythme de l’histoire et de la mémoire grâce à la pièce SANK ou la patience des morts, une création puissante de la compagnie Anw ka blon, écrite par Aristide Tarnagda et mise en scène avec sensibilité par Awa Bagayoko Eva.

"SANK ou la patience des morts" : la mémoire en scène, la révolution en héritagePortée par des artistes profondément engagés, cette œuvre théâtrale fait résonner le souffle de la révolution burkinabè et ravive la figure emblématique de Thomas Sankara, leader visionnaire et martyr de l’intégrité politique africaine. Dans une mise en scène sobre mais chargée d’émotion, la pièce s’ouvre juste après l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, lors d’un coup d’État orchestré par son compagnon de lutte devenu traître : Blaise Compaoré. Mais loin de s’éteindre, Sankara « se relève » sur scène. Il parle. Il témoigne. Il raconte ses combats, sa foi révolutionnaire, ses désillusions, son humanité et les sacrifices qu’il a consentis, jusqu’à celui de sa propre vie de famille.

Un théâtre de résistance, une mémoire partagée

"SANK ou la patience des morts" : la mémoire en scène, la révolution en héritageLa salle était comble. Étudiants, anciens du CAMM et grand public ont répondu présents pour honorer cette œuvre qui conjugue mémoire, émotion et engagement politique. La présence de l’ambassadeur de l’État de Palestine au Mali ajoutait une dimension symbolique forte à cet événement, reliant deux luttes : celle pour la liberté, et celle pour la dignité.

À l’issue de la représentation, un moment de communion sincère s’est instauré entre les artistes et le public. Une collecte spontanée a été lancée pour encourager les membres de la compagnie, qui ont présenté ce spectacle sans aucune rémunération. Ce geste du public, touché par la force du message et la qualité de l’interprétation, fut à la hauteur de l’émotion suscitée.

Entre hommage et éveil des consciences

"SANK ou la patience des morts" : la mémoire en scène, la révolution en héritage“SANK ou la patience des morts” n’est pas qu’un hommage à Thomas Sankara. C’est un appel à ne pas oublier, à poursuivre la lutte pour une Afrique debout, libre, digne. Par la voix des morts, le texte fait parler les vivants. Il nous interroge, nous bouscule, et nous laisse avec cette question brûlante : que faisons-nous de l’héritage de ceux qui sont tombés pour nos lendemains ?

Ce spectacle est un devoir de mémoire, mais aussi un acte de résistance. Une invitation à faire vivre les rêves inachevés. Une œuvre à soutenir, à diffuser, à faire tourner.

Parce que la révolution n’est pas morte. Elle attend. Elle espère. Elle patiente.

Patrick Tiess est un passionné de cultures africaines et du Mali particulièrement. Il garde toujours une trace écrite des activités culturelles auxquelles il participe ou qu'il organise et ça à donné bamkolive.com

Cliquer pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Théâtre

Les Prix Ibibi
En Haut
Appelez-nous