Founou Founou, le tourbillon qui rapproche l’art de la population
À Bamako, en 2021, quatre associations culturelles décident d’unir leurs forces. Leur conviction est simple mais révolutionnaire : l’art n’a pas de valeur s’il reste enfermé, il doit aller vers les gens, vivre avec eux, dialoguer avec eux. De cette idée est née la Fédération Founou Founou – le tourbillon, en bambara – symbole d’un mouvement collectif qui bouscule, rassemble et transforme.
L’art dans la rue, au bord du fleuve, dans les villages
Dès ses débuts, Founou Founou choisit de ne pas se contenter des salles de spectacles. La rue devient leur scène, les places publiques leur décor, et les habitants leur premier public. Parades, performances, ateliers en plein air : tout est pensé pour que la communauté soit actrice de l’art.
« Nous amenons l’art vers la population. Tout ce qu’on fait, c’est avec la communauté. »
Zéméba : une pirogue qui porte des rêves
Sur le fleuve Niger, une embarcation peu ordinaire prend vie : la Pirogue du Zémé. Transformée en scène et en résidence artistique, elle accueille des créateurs maliens venus expérimenter, inventer et partager. Chaque résidence se conclut par des rencontres avec les habitants : expositions, spectacles, discussions. L’art vogue littéralement jusqu’aux rives des villages.
Même lorsque la pirogue est détruite par des hommes armés, le projet renaît sous le nom de Zéméba. Plus qu’un lieu, elle devient un symbole : celui de la résilience et de la conviction que l’art trouve toujours son chemin.
Taama Dèmè : ouvrir les routes de l’Afrique
Mais Founou Founou ne s’arrête pas là. Elle comprend que les artistes maliens ont besoin de circuler, de voir d’autres horizons, de dialoguer avec le reste de l’Afrique. C’est ainsi que naît Taama Dèmè, un fonds de mobilité inédit. Avions, cars, bus… tous les moyens de transport deviennent des passerelles culturelles.
Grâce à ce programme, plus de 200 artistes ont déjà pu voyager : certains jusqu’en Afrique du Sud, au Nigeria, au Maroc ou au Burkina Faso, d’autres simplement de Bamako à Ségou, pour le Festival sur le Niger. À chaque voyage, ce sont des portes qui s’ouvrent, des réseaux qui se tissent, des œuvres qui se nourrissent de rencontres.
« Nous avons accompagné plus de 200 artistes maliens. On prend des billets d’avion, des billets de car… pour qu’ils puissent aller à la rencontre d’autres personnes dans toute l’Afrique. »
Le tourbillon collectif
Derrière ces projets se trouvent quatre associations aux expertises différentes mais complémentaires :
- Anw Jigi Art prête sa voix aux sans-voix à travers le théâtre social.
- AMMCDR porte les arts de la rue et les pratiques pluridisciplinaires.
- Don Sen Folo ancre la danse contemporaine dans l’espace public.
- Yamarou Photo fait vibrer la photographie.
Ensemble, elles forment ce tourbillon créatif qu’est Founou Founou.
Une mission qui va au-delà de l’art
Au fond, la fédération poursuit une mission simple : faire de la culture un levier de transformation sociale. En amenant l’art vers les populations, elle ne se contente pas d’offrir du spectacle. Elle crée du dialogue, suscite l’espoir, et redonne aux artistes la place qui leur revient : celle d’acteurs essentiels du changement.
Founou Founou, ce n’est pas seulement une fédération. C’est un souffle. Un mouvement. Un tourbillon qui unit les artistes, les habitants et les rêves d’un Mali où la culture appartient à tous.
