Ce n’est ni un pays, ni un jury. C’est une femme. Mais dans les cœurs, on peut le dire : le Mali sera sur la scène du Grand Théâtre Lumière.
Mardi 12 mai 2026 – Pour la première fois dans l’histoire du Festival de Cannes, une comédienne noire animera la cérémonie d’ouverture. Et cette artiste porte en elle les racines du Mali.
Eye Haïdara, une Franco-malienne sur la Croisette

Née en France de parents maliens, Eye Haïdara a longtemps dénoncé le manque de diversité dans le cinéma français. En 2018, elle avait marqué les esprits en gravissant les fameuses marches de Cannes entourée de 15 autres actrices noires ou métisses, un geste politique fort contre la sous-représentation.
Aujourd’hui âgée de 43 ans, elle ne monte plus seulement les escaliers : elle les commande. Maîtresse de cérémonie de la 79ᵉ édition, elle succède à une lignée d’animateurs prestigieux, mais avec une empreinte inédite.
Celle qui a écrit « Noire n’est pas mon métier »

Eye Haïdara ne s’est jamais contentée de jouer. Elle a co-écrit le livre « Noire n’est pas mon métier », une œuvre choc qui dénonce les préjugés, discriminations et assignations qu’elle a elle-même subies dans le milieu du cinéma français.
Révélée au grand public par Le Sens de la fête — un rôle qui lui a valu une nomination aux César Awards — elle a depuis enchaîné les succès au cinéma et à la télévision, sans jamais oublier ses origines.
Sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le 12 mai 2026, derrière elle applaudira tout un continent. Devant elle s’écrira l’histoire.
Bamako, Cannes : un pont d’orgueil
Pour les Maliens, cette nomination résonne comme une reconnaissance. Ce n’est pas seulement une actrice qui brille, c’est une voix malienne qui s’élève sur la plus grande scène du septième art. Le jeune cinéma malien, les artistes de Bamako, toute une génération voit en Eye Haïdara une fierté collective.
Cannes 2026 ne sera donc pas qu’un festival. Ce sera le soir où le Mali, par la grâce d’une comédienne au verbe juste et à l’engagement intact, présidera la fête du cinéma mondial.
Et Bamako, ce soir-là, regardera sans cligner des yeux.
