Dramane Sanogo dit Bina : la danse pleure son souffle inarrêtable
C’est avec une immense tristesse que la communauté culturelle de Bamako et tout le Mali ont appris le départ de Dramane Sanogo dit Bina, danseur, chorégraphe, directeur artistique et formateur, survenu samedi soir à Bamako. Une lumière s’éteint, un souffle puissant s’arrête, mais son héritage reste gravé dans les cœurs et les mémoires.
Un artiste engagé et passionné
Bina n’était pas seulement un danseur : il était un maître, un mentor et un pilier de la danse malienne. Fondateur de la Compagnie Dewba N’Gnuma et de l’association caritative Togu, il a consacré sa vie à la promotion des danses et musiques traditionnelles, à la transmission du savoir et à l’inspiration de nouvelles générations d’artistes.
Sa carrière a été jalonnée de projets ambitieux et mémorables. En 2019, il a brillamment participé à la création du spectacle “Safety and Drill” de Karadoum Compagnie, rendant hommage aux sociétés minières du Mali. Ses pas résonnaient sur toutes les scènes où il dansait, et même à travers les écrans, il transmettait énergie, intensité et passion.
Témoignages et souvenirs
Tous ceux qui ont eu la chance de danser avec Bina se souviennent de son enthousiasme sans borne, de sa patience, de sa générosité et de sa bonne humeur. Ses élèves du projet “Au-delà d’une gestuelle” le considéraient comme un guide, un modèle et un soleil dans leur apprentissage.
Ses collègues et amis, de Mamadou Dembele et la troupe du District de Bamako à Seydou, Makan, la famille Kone, Sekou Kalle et Solo Sana, évoquent sa détermination à poursuivre ses rêves, sa pugnacité face aux obstacles administratifs et son engagement sans faille pour la danse et la culture. Ses partenaires de scène, Binkiss Sangaré et Dante, se souviennent du trio flamboyant qu’ils formaient avec lui, et des souvenirs chaleureux des soirées partagées à la Maison du Cinquantenaire ou à l’Hippodrome.
Un souffle qui continue
Bina était un guerrier, un souffle inarrêtable, un soldat de la beauté et un frère de feu. Même dans la douleur, la fatigue ou la maladie, il continuait à faire vibrer les corps et les âmes. Ses élèves, amis et compagnons de scène continuent de danser à travers lui, portant son énergie, sa lumière et sa joie.
« Tu es parti, mais tu ne nous quitteras jamais. Jamais Wallay ! »
« Que la Terre te soit légère. Repose en paix, Bina. »
Aujourd’hui, le Mali pleure, mais célèbre aussi la vie et l’héritage d’un artiste exceptionnel, dont les pas continueront à inspirer et à guider tous ceux qui ont eu la chance de le connaître. Dramane Sanogo dit Bina restera à jamais dans nos mémoires et nos cœurs.
